MAGAZINE ÇA SEXPRIME

2La grossesse à l'adolescence: un phénomène qui persiste !
Numéro 2 | Hiver 2005
par Josée Blais
La cloche annonçant le début de la deuxième période sonne. Un petit groupe de filles de troisième secondaire discute en se rendant à leur cours. « Je me passerais bien de ce cours-là... La prévention des grossesses... On va encore parler de contraception. Puis je vous le dis, cette année c’est pas moi qui vais devant la classe pour dérouler le condom sur la banane ! » Une autre ajoute : « C’est vrai que ce cours ne sert à rien, on les connaît toutes, les méthodes contraceptives. »

N’avez-vous pas l’impression, à l’instar des élèves, que nous avons fait le tour de la question sur la prévention des grossesses avec les adolescents ? Qu’ils semblent bien informés sur les méthodes contraceptives ? Et que jusqu’à un certain point, vous avez le sentiment de ne rien leur apprendre ?
Pourtant, la grossesse à l’adolescence reste un problème social toujours d’actualité. Selon les données compilées par le gouvernement du Québec (2001), le taux de grossesse des adolescentes demeure élevé et le nombre d’interruptions volontaires de grossesse progresse toujours.

Comment calcule-t-on le taux de grossesse? Il s’agit d’additionner les naissances, les avortements, les fausses couches et les mortinaissances. Le taux est toujours indiqué pour 1 000 personnes (Direction de la santé publique de Montréal, 2003). Par exemple, en 1997 au Canada, on estimait que le taux de grossesse des adolescentes de 15-19 ans était de 42,7 pour 1000 (Statistique Canada, 2000).

LA GROSSESSE ADOLESCENTE EN QUELQUES CHIFFRES Au Québec, environ 1 adolescente sur 12 deviendra enceinte avant d’avoir atteint l’âge de 18 ans, tandis qu’environ 1 adolescente sur 4 le deviendra avant d’avoir atteint 20 ans (Rochon, 1997, dans Massé et Léonard, 2003). En fait, selon le régistre des événements démographiques du Québec (fichier des naissances vivantes), il y aurait annuellement un peu plus de 3000 nouveau-nés de mères agées de moins de 20 ans. Par ailleurs, le taux d’augmentation des grossesses chez les plus jeunes adolescentes est encore plus inquiétant : 1 adolescente sur 1 000 deviendrait enceinte à l’âge de 15 ans, soit 5% de plus qu’il y a dix ans (Rochon, 1997 a, dans Tremblay, 2001).

Quant au taux d’avortement1, il est aussi en progression constante. En fait, le taux augmente de 4% chaque année au Québec, et c’est Montréal qui affiche le taux le plus élevé, avec 70% (Rochon, 1995, dans Loignon, 1996). En moyenne, il s’agit de 1 518 avortements pour 2 168 grossesses adolescentes (Rochon, 1995, dans Loignon, 1996). Au Québec, le taux moyen se situe autour de 0,8 pour 1 000 chez les 10-14 ans et de 21,9 pour 1 000 chez les 15-19 ans (Gouvernement du Québec, 2001).

LES RÉPERCUSSIONS DE LA GROSSESSE À L’ADOLESCENCE
Parmi les adolescentes qui poursuivent leur grossesse, une grande proportion d’entre elles viennent d’un milieu socioéconomique défavorisé ou dysfonctionnel. Elles sont de plus en plus jeunes et, dans bien des cas, elles sont elles-mêmes filles de mères adolescentes (Charbonneau et coll., 1989, dans Cardinal Remete, 1999 ; Morazin, 1991). Elles occupent généralement des emplois peu rémunérés et peu valorisés (Charbonneau et coll., 1989, dans Cardinal Remete, 1999). Toutefois, l’arrivée d’un enfant leur permettra d’obtenir des prestations d’assistance-emploi (Coudé-Lord, 1997, dans Cardinal Remete, 1999). Selon Loignon (1996), les mères adolescentes doivent fréquemment faire face aux conséquences suivantes : isolement social, habitudes de vie déficientes, sousscolarisation, mauvais traitements, stress et dépression. Dans le même sens, des études menées au Canada et aux États-Unis ont démontré que les jeunes mères courent plus de risques d’abandonner l’école ou d’atteindre un niveau de scolarisation moins élevé et, par conséquent, de plafonner professionnellement ou de rater des occasions d’emploi, autant de facteurs qui favorisent le recours aux prestations d’assistance-emploi (Tipper, 1997). Bien que certaines adolescentes puissent bénéficier du soutien de leur famille et de leurs proches, le tableau n’est pas particulièrement réjouissant.
Activités en lien avec ce numéro
1Activités 1 et 2
Activité 1
Présentation d’un portrait de la situation de la grossesse à l’adolescence au Québec et conception d’une publicité sur la prévention de la grossesse à l’adolescence préconisant l’utilisation du condom au cours des relations sexuelles

Objectif général :
Prendre conscience des enjeux de la grossesse à l’adolescence
Public cible : Les jeunes de 3e et 4e secondaire
Durée : 65 minutes

Activité 2
Discussion sur les rôles respectifs des garçons et des filles en matière de comportement contraceptif.

Objectif général : Sensibiliser les jeunes à l’importance de s’affirmer par rapport à l’utilisation de la contraception.
Public cible : Les jeunes de 3e et 4e secondaire
Durée : 65 minutes
La grossesse à l'adolescence: un phénomène qui persiste !
Numéro 2 - Hiver 2005 - par Josée Blais
Sommaire du numéro
Dans ce numéro, on traite notamment des sujets suivants:
  • La grossesse à l'adolescence en quelques chiffres
  • Les répercussions de la grossesse à l'adolescence
  • Le rôle du jeune homme
  • Résistances à l'utilisation de la contraception
  • Les difficultés liées à la contraception
  • Les mythes entourant la grossesse et la contraception
  • Comment intervenir
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